Quelques centimes pour une histoire (le roman populaire)


« Quelques centimes pour une histoire »


Entre les pages du roman populaire




Spectacle conçu et mis en scène par Mathilde Bost

« Si vous n'allez pas à Lagardère, Lagardère ira à vous »


Au coin d'une petite rue parisienne, Pierrot, marchand de journaux, vous amène à découvrir ce qui se cache dans les feuilletons qu'il vend quotidiennement.


« Ça parle d'épées qui claquent, d'enlèvements, de meurtres, de mensonges,

ça parle d'amour et de pouvoir.

Ça vous tente ? »







Pierrot ouvre la danse. Et les tableaux prennent vie. Les jeunes comédiens plein d'énergie illustrent des scènes tirées de romans populaires, rendant vivant pour quelques instants d'Artagnan, Chéri-Bibi, Lagardère ou la comtesse Sarah.


« Venez m'sieurs dames, ram'nez vos mioches, zieutez un peu c'qui s'passe ! Vous souperez plus tard ! »


Quelques centimes pour une histoire...



L'intrigue


Pierrot est marchand de journaux. Il arpente les pavés parisiens à la recherche d'acheteurs.

« Quelques centimes pour une histoire... Ça vous tente ? Après les Mystères de Londres, v'là Le Bossu, l'nouveau feuilleton de Paul Féval. Allez m'sieurs dames, achetez, achetez le journal ! »

Ça vous intéresse ou vous hésitez encore ?

Rien ne retient Pierrot pour convaincre son public et pour faire partager sa passion des histoires à rebondissements.

Et si vous doutez encore de lui acheter son journal, il emploie les grands moyens.

Pierrot ouvre la porte de sa cabane. « Attends voir ça. Tiens, r'garde à quoi ça r'ssemble! »

Et comme par magie, les feuilletons deviennent vivants.




Les personnages apparaissent. D'Artagnan, Lagardère, Chéri-Bibi, le Chourineur, Richelieu, et bien d'autres viennent à la rencontre du public délivrer un morceau de leur histoire.




Le spectacle

Ce spectacle se veut une invitation à découvrir l'univers du roman populaire.

Découvrir le roman populaire, c'est d'abord découvrir des auteurs et des textes, qu'ils soient connus ou inconnus du grand public.

Le spectacle se compose donc d'une série de textes tirés de plusieurs ouvrages allant du XIXème au XXème siècle.

Ces textes sont rendus vivants par le jeu des comédiens qui interprètent directement les dialogues écrits par les auteurs, ou nous amènent à découvrir quelques lignes belles ou surprenantes tirées de romans populaires.

Les  3 comédiens jouent à eux seuls une dizaine de personnages, tous plus différents les uns que les autres.

Un marchand de journaux fait le lien entre les textes et les personnages.


Mais ce spectacle se veut aussi la rencontre avec d'une époque. Les textes choisis ne sont pas tous historiques, et cherchent également à montrer le Paris de l'époque, les préoccupations et les enjeux d'une société.



Note de la metteur en scène


"Ce que l'on met sous le terme de « roman populaire » est d'une grande diversité et d'une grande richesse.

D'une grande diversité, parce qu'il s'agisse des auteurs, des époques, des thèmes abordés ou des genres, le roman populaire regroupe des choses très différentes.

Et cette grande diversité créée une richesse. Le roman populaire parle de beaucoup de choses, et peut être abordé de multiples manières, sous des angles très différents.


Je me suis rendue compte que ce qui m'intéressait de développer en toile de fond, c'était les enjeux qu'avait soulevé le roman populaire.

Arrivée juste après la Révolution Française, cette littérature a bouleversé la société. C'était la littérature du peuple, mais aussi celle de toute une société, de toute une maison, de la cuisinière à la maîtresse de maison. Le feuilleton, c'est quelque chose que l'on partage, qui passe de mains en mains, qui est lu par toutes les classes sociales. Le présenter sous une forme théâtralisée me paraissait très intéressant, car le théâtre aussi amène au partage, et ce partage tend de plus en plus à être un mélange entre différentes couches sociales. Il est bien loin à présent le temps où le théâtre était exclusivement réservé à la haute société. Maintenant, le théâtre pénètre partout, par la grande ou petite porte. Je pense ici à la diversité des lieux ouverts au théâtre, mais également aux écoles et au travail de sensibilisation qui est fait en banlieue par exemple.

Mais la spécificité du roman populaire ne s'arrête pas là. Les romans feuilletons se sont aussi construits dans une interaction entre public et auteurs. Les lettres écrites par les lecteurs ont beaucoup joué dans la rédaction des Mystères de Paris d'Eugène Sue. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. J'ai souhaité gardé cet échange, cette porosité entre public et acteurs. Ce spectateur qui n'est pas simplement là pour assister passivement à une représentation, mais qui est aussi interpelé, qui devient aussi personnage. Pierrot, le marchand de journaux, a été créé et travaillé dans ce sens. Il n'est pas là seulement pour faire le lien entre les textes, le lien entre le présent et le passé. Il se positionne aussi en tant qu'interlocuteur pour le public.

Parce que le public est aussi concerné par les textes, bien plus qu'il ne pourrait l'imaginer au premier abord. Héritage de la Révolution de 1789, cette littérature cherche également à déjouer la censure pour imposer une liberté de parole. En filigrane du roman feuilleton, c'est aussi toute une société qui est critiquée.

Et de quoi parle-t-on ? Des injustices sociales, de la misère, de la condition des femmes, des détenus, des conditions de travail, du coût de la vie et du prix de la baguette de pain. Bref, de toutes ces choses qui nous concernent aussi, parce qu'elles existent aussi dans notre société en 2009, même si elles ne se présentent pas sous le même angle, et que notre société contemporaine ressemble peu à la vie quotidienne du XIXème ou XXème siècle. Et pourtant, nous partageons des angoisses semblables, ce qui donne à cette littérature une actualité qu'on ne pouvait pas soupçonner d'abord.

Les textes que j'ai choisi cherchent à questionner, au-delà des mots, au-delà des situations décrites et vécues par les acteurs, le spectateur.

Et enfin, cette littérature populaire parle également de l'être humain, de sa faiblesse, de sa bravoure, de sa lâcheté ou de sa générosité. Elle parle d'amour, d'honneur, de douleur. Ces personnages nous parlent, parce qu'ils parlent aussi de nous, de nos relations aux autres et à nous-même.

J'ai ainsi engagé les acteurs à s'orienter vers un jeu simple, dépouillé de tout artifice, sincère et naturel, où Milady n'apparaît pas seulement comme une femme assassin et sans pitié : c'est aussi une femme en souffrance, marquée par la vie et par les hommes, une femme seule aussi. Le choix des costumes et des décors s'est également voulu comme un pont, un miroir entre le public et les personnages, en essayant de marier les costumes d'époque avec quelque chose de plus contemporain."

                                                                                                                Mathilde Bost


Où le voir?

spectacle conçu à la demande des Amis du Livre de Crosne en 2008), joué à la maison du roman populaire, et appuyé par la Maison d'Alphonse Daudet:

24 mai: maison du roman populaire à Lhay le Roses
3 juin à 17h: maison d'Alphonse Daudet à Draveil (91)
5 juin: extraits lors de "Paroles de nuit" (de 20h à l'aube) dans la maison d'Alphonse Daudet (91)

Les intervenants:


Mathilde Bost,  conception et mise en scène
Formée à l'école d'art dramatique Claude Mathieu (Paris 18ème), et au lycée Saint-Louis-Saint-Clément par Pierre Notte (Viry Chatillon, 91)
Diplômée en musique et en danse (diplôme de supérieur en piano, Moyen II en danse classique)
ATHIE MAYEUR, comédienne

Isabelle Sarton du Jonchay, assistante à la mise en scène, écriture
Formée en tant que comédienne par Pierre Notte et au conservatoire du 14ème à Paris
Auteur, compositrice et interprète de chansons à textes
Auteur de poèmes et de nouvelles
Etudiante à Ecole Supérieur de Journalisme

Amandine Montecchio, comédienne
Formée à l'école d'art dramatique Claude Mathieu,
Suit une formation de marionnettiste auprès d'Alain Recoing
Prépare une Licence professionnelle de théâtre pour travailler comme intervenant dans le milieu scolaire

Jérôme Sau, comédien
Formé au théâtre par la troupe de L'épée de Bois (Cartoucherie)
Formé au clown par B. Houpain
Animateur d'ateliers théâtre pour enfants et personnes handicapées

Alexandre Loquet, comédien
Formé à la comédie musicale à Montréal
Formé au théâtre et à la comédie musicale à l'Ecole d'Aquitaine (Compagnie Pierre Debauche Le Théâtre du Jour)
Formé en escrime, masque et mime

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